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L
es oasis du désert occidental égyptien ne sont pas de
simples zones désertiques bénéficiant de végétation grâce à
la présence d’eau.
Une oasis c’est d’abord une dépression creusée dans un haut
plateau calcaire, au fond de laquelle jaillissent des
sources alimentées par des eaux provenant de nappes
souterraines, parfois situées à de grandes profondeurs.
Selon cette définition, le Fayoum, par exemple, ne peut être
défini comme une oasis bien que formant une dépression dotée
de végétation car les eaux qui l’alimentent proviennent du
Nil et ne sont pas d’origine endogène, c’est-a-dire qu’elles
ne proviennent pas du vaste bassin aquifère situé entre 150
et 1 500 mètres de profondeur, qui s’étend sous le désert
occidental et dont la capacité est estimée a 50 000
kilomètres carrés d’eau.
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C
ernées par le désert, les oasis ont depuis toujours revêtu
une importance essentielle, d’abord dans le contrôle des
voies caravanières, puis à cause de leur production
agricole.
Les cinq principales oasis du désert occidental égyptien
( Siwa, Bahariya ,
Farafra, Dakhla, Kargha )
sont disposées du nord au sud parallèlement au cour du Nil.
Attestée dès le paléolithique inferieur
( environ, il y a 120 000 ans
), la présence de
l’homme dans ce territoire s’accrut au néolithique
(à partir de 10 000 av.j.-c),
une période humide qui vit le développement de grandes zones
de savane. Des fouilles récentes menées dans les oasis de
Farafra, de Kargha et de siwa indiquent que, entre le VII et
le VI millénaire av.j.-c., de nombreux groupes de
chasseurs-cueilleurs puis d’agriculteurs s’étaient installés
dans ces régions.
Les pharaons s’intéressèrent aux oasis dès l’ancien Empire,
époque à laquelle furent lancées des expéditions dans le
désert, comme en témoignent des documents iconographiques de
la VI dynastie (
2322-2161 av. j.-c.)
A cette période les égyptiens fondèrent une cité importante
d’une superficie de 35 hectares à Ain Asyl, près de Balat,
dans l’oasis de Dakhla.
L’intérêt pour le désert occidental et les oasis résidait
dans le fait que la domination de cette région permettait le
contrôle des pistes caravanières et des routes commerciales
reliant la vallée du Nil, la Libye et l’Afrique équatoriale.
Pourtant, les égyptiens considèrent toujours le désert,
appelé ta desheret
((la terre rouge)),
comme un milieu hostile, royaume du maléfique dieu Seth.
Au Nouvel Empire
(1550-1076 av.J.-C.),
LES SOUVERAINS D’Egypte maintinrent le contrôle des oasis
malgré des difficultés croissantes de communication car le
climat s’était radialement transforme et, avec l’avènement
d’une nouvelle phase aride, le désert présentait désormais
les caractéristiques qu’il a conservées depuis.
A la XXVI dynastie
(664-525 av. J.-C.),
les oasis connurent une expansion exceptionnelle en devenant
le point névralgique du commerce entre la Lybie et la vallée
du Nil. Cette prospérité s’accrut encore a l’époque
gréco-romaine lorsque, grâce au développement agricole, les
oasis devinrent l’un des principaux centres de production du
blé, de l’orge, du sésame, du vin, de l’huile d’olive ainsi
que des dattes, des fruits et des légumes. Ce n’est pas un
hasard si, au V siècle av. J.-C., Hérodote avait défini les
oasis comme les
((Îles des bienheureux)) (Histoires, II,26).
La nécessité de transporter un volume toujours plus
important de marchandises vers la vallée du Nil aboutit, a
partir du II siècle, à l’adoption d’un nouveau moyen de
transport : le chameau aux grandes capacités remplaça l’âne
pharaonique et fut aussi utilisé par les soldats des
garnisons, établis dans les camps
fortifiés et de Douch, de kharga et de Bahariya, afin de
patrouiller plus facilement les frontières de l’Empire.
Enfin, à partir des II-III siècle apr. J.-C., le
christianisme s’implanta fortement dans les oasis, comme en
témoigne la grande nécropole de Bagawate dans l’oasis de
Kharga.
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