Accueil   Qui sommes nous  Contact  

   

 

Le désert occidental

Surface 68 % de la surface de toute l’Egypte.
Les oasis du désert occidental.

QU’EST-CE QU’UNE OASIS ?

 

S urnommées (( Îles des bienheureux )) par l’historien grec Hérodote, les oasis sont généralement considérées comme des lieux riches en eau et en végétation cernés par le désert. En ce qui concerne l’Egypte la réalité est beaucoup plus complexe

L es oasis du désert occidental égyptien ne sont pas de simples zones désertiques bénéficiant de végétation grâce à la présence d’eau.
Une oasis c’est d’abord une dépression creusée dans un haut plateau calcaire, au fond de laquelle jaillissent des sources alimentées par des eaux provenant de nappes souterraines, parfois situées à de grandes profondeurs.
Selon cette définition, le Fayoum, par exemple, ne peut être défini comme une oasis bien que formant une dépression dotée de végétation car les eaux qui l’alimentent proviennent du Nil et ne sont pas d’origine endogène, c’est-a-dire qu’elles ne proviennent pas du vaste bassin aquifère situé entre 150 et 1 500 mètres de profondeur, qui s’étend sous le désert occidental et dont la capacité est estimée a 50 000 kilomètres carrés d’eau.

Le milieu naturel

 

L es oasis font l’objet de cultures intensives avec une prédominance des palmiers-dattiers présents dans la région depuis le III millénaire av.J.-C. la récolte et le commerce des dattes constituent l’une des ressources économiques les plus importantes de la région. L’Egypte est le deuxième producteur mondial de dattes avec près de soixante-cinq mille tonnes par an. L’olivier, l’autre culture caractéristique, est cultivé pour son huile. Néanmoins, des zones importantes sont plantées de céréales pour subvenir aux besoins de la population locale et d’autres sont réservées à la culture du trèfle. D’autres cultures comme des oignons et des arbres fruitiers.

Les oasis et leur histoire

C ernées par le désert, les oasis ont depuis toujours revêtu une importance essentielle, d’abord dans le contrôle des voies caravanières, puis à cause de leur production agricole.
Les cinq principales oasis du désert occidental égyptien
( Siwa, Bahariya , Farafra, Dakhla, Kargha ) sont disposées du nord au sud parallèlement au cour du Nil. Attestée dès le paléolithique inferieur ( environ, il y a 120 000 ans ), la présence de l’homme dans ce territoire s’accrut au néolithique (à partir de 10 000 av.j.-c), une période humide qui vit le développement de grandes zones de savane. Des fouilles récentes menées dans les oasis de Farafra, de Kargha et de siwa indiquent que, entre le VII et le VI millénaire av.j.-c., de nombreux groupes de chasseurs-cueilleurs puis d’agriculteurs s’étaient installés dans ces régions.
Les pharaons s’intéressèrent aux oasis dès l’ancien Empire, époque à laquelle furent lancées des expéditions dans le désert, comme en témoignent des documents iconographiques de la VI dynastie
( 2322-2161 av. j.-c.)
A cette période les égyptiens fondèrent une cité importante d’une superficie de 35 hectares à Ain Asyl, près de Balat, dans l’oasis de Dakhla.
L’intérêt pour le désert occidental et les oasis résidait dans le fait que la domination de cette région permettait le contrôle des pistes caravanières et des routes commerciales reliant la vallée du Nil, la Libye et l’Afrique équatoriale.
Pourtant, les égyptiens considèrent toujours le désert, appelé ta desheret
((la terre rouge)), comme un milieu hostile, royaume du maléfique dieu Seth.
Au Nouvel Empire
(1550-1076 av.J.-C.), LES SOUVERAINS D’Egypte maintinrent le contrôle des oasis malgré des difficultés croissantes de communication car le climat s’était radialement transforme et, avec l’avènement d’une nouvelle phase aride, le désert présentait désormais les caractéristiques qu’il a conservées depuis.
A la XXVI dynastie
(664-525 av. J.-C.), les oasis connurent une expansion exceptionnelle en devenant le point névralgique du commerce entre la Lybie et la vallée du Nil. Cette prospérité s’accrut encore a l’époque gréco-romaine lorsque, grâce au développement agricole, les oasis devinrent l’un des principaux centres de production du blé, de l’orge, du sésame, du vin, de l’huile d’olive ainsi que des dattes, des fruits et des légumes. Ce n’est pas un hasard si, au V siècle av. J.-C., Hérodote avait défini les oasis comme les ((Îles des bienheureux)) (Histoires, II,26). La nécessité de transporter un volume toujours plus important de marchandises vers la vallée du Nil aboutit, a partir du II siècle, à l’adoption d’un nouveau moyen de transport : le chameau aux grandes capacités remplaça l’âne pharaonique et fut aussi utilisé par les soldats des garnisons, établis dans les camps
fortifiés et de Douch, de kharga et de Bahariya, afin de patrouiller plus facilement les frontières de l’Empire.
Enfin, à partir des II-III siècle apr. J.-C., le christianisme s’implanta fortement dans les oasis, comme en témoigne la grande nécropole de Bagawate dans l’oasis de Kharga.